Prix d’invention FFAP 2025

« Illusionnistes de l’émotion », ces deux Varois ont obtenu un prix de la Fédération française de magie

Ils ne tirent pas des lapins du chapeau, mais des idées de leurs mains. Édouard Boulanger, inventeur de génie, et Jérémie Josi, conteur d’illusions, incarnent deux visages d’une passion : la magie comme langage poétique.

Rien ne prédestinait le Seynois Édouard Boulanger à devenir l’un des magiciens français les plus primés.

« C’est ma mère, elle m’a obligé ! » plaisante-t-il, avant de se raviser avec un sourire. « Non, non, je suis venu à la magie un peu par hasard. J’étais aux Beaux-Arts, je dessinais pour me faire de l’argent de poche, et je faisais un peu de magie dans un restaurant. Puis j’ai inventé un premier tour : une carte qui tournait sur un doigt. Il a été vendu dans le monde entier. »

Cette invention, devenue populaire chez les magiciens, lance une carrière faite d’expérimentations et de prix.

Lauréat de la Colombe d’Or, du FISM Europe et titulaire d’un Doctor of Magic FFFF aux États-Unis, Édouard enchaîne les concours, autant pour l’adrénaline que pour le défi.

« Un concours de magie, c’est plus dur qu’un spectacle. On est jugé par des magiciens, ils connaissent chaque technique. Le moindre petit doigt qui bouge, ils savent ce qui va suivre. Il faut donc les bluffer avec du neuf, de la création, du jamais vu. »

Son art repose sur une exigence constante : repousser les limites de la technique sans jamais perdre la poésie du geste.

À Marseille, où il vit et crée désormais, il conçoit des illusions vendues dans le monde entier et transmet désormais son savoir lors de conférences.

La boîte de magie et la boîte à émotions

Jérémie Josi, lui, est tombé dans la marmite plus tôt. « Très classiquement, la boîte de magie à Noël ! », se souvient le Toulonnais.

« Le petit livret de 200 pages traduit de l’allemand, illisible, je l’ai lu des dizaines de fois. Puis j’ai découvert Bernard Bilis, les VHS, les livres… Et après, j’ai intégré un club de magie. »

Il raconte cet univers méconnu : « En France, il y a des clubs un peu partout, affiliés à la Fédération française de magie. C’est comme un club de sport, on s’y retrouve, on échange, on apprend. Et quand on fait des concours internationaux, on représente la France. »

Cette discipline, il la nourrit d’une autre passion : le théâtre. Depuis La Magie de l’Imagination (2019) jusqu’à L’Odyssée des Émotions (2025), il façonne une magie narrative, inspirée du Voyage du héros de Christopher Vogler. « Je veux que le spectateur ressente avant de comprendre », résume-t-il.

C’est après avoir commandé un produit sur le site d’Édouard qu’il va rentrer en contact avec lui. « Le produit que j’avais commandé était défaillant », se souvient-il.

Il contacte alors le magasin pour signaler que le produit ne marchait pas. « Cela fait dix ans que nous vivons dans le Sud avec ma femme et ce n’est qu’à ce moment que j’ai appris une chose, Édouard était mon voisin ! ». Sa femme lui donne son numéro.

C’est au cours d’une conférence dans le club de magie local, à Marseille, que les deux magiciens ont décidé de combiner leurs efforts pour créer un tour de magie en commun.

En 2018 et 2019, Jérémie crée avec Édouard un accessoire innovant : la U Box.

En 2025, ils décrochent le prix de perfectionnement (invention) de la Fédération française de magie, consacrant un tandem aussi cohérent qu’inattendu.

L’un vient des Beaux-Arts, l’autre du théâtre. L’un conçoit des mécanismes, l’autre des récits.

Et pourtant, leur regard converge : faire de la magie un art vivant. « Édouard invente les instruments, moi j’essaie d’y faire passer une âme », résume Jérémie.

Le fil invisible

Chez eux, la magie n’est pas qu’un spectacle : c’est un moyen de transmission, un pont entre générations, entre rêve et réalité.

Édouard poursuit son travail de créateur et de pédagogue ; Jérémie, lui, rejoint le collectif L’Art en vie de la Compagnie Zinzoline, où il explore la magie comme outil d’émotion partagée.

Tous deux rappellent que, derrière les tours, il y a un artisanat exigeant et une humanité profonde.

De la boîte de magie de Noël à la table des plus grands concours, du dessin d’un étudiant à la main d’un illusionniste, leurs chemins se rejoignent sur le fil fragile de l’imaginaire.

Boulanger invente les gestes, Josi invente les histoires. Ensemble, ils prouvent que la magie n’est pas un mensonge, mais une promesse tenue : celle de continuer à faire croire, ne serait-ce qu’un instant, à l’impossible.

Sources : 

https://www.nicematin.com/societe/vie-locale/illusionnistes-de-l-emotion-ces-deux-varois-ont-obtenu-un-prix-de-la-federation-francaise-de-magie-10654251?utm_content=link&utm_term=varmatinhyeresgapeau&utm_campaign=facebook&utm_source=nonli&utm_medium=Social%20media